Texte Libre
Ce blog est le prélude à la création d'un lieu éditorial sur le Net, que je n'appellerai pas "maison" mais "bibliothèque". Je constituerai peu à peu une
collection de livres sous le nom de "littératures".
On s'intéresse de près à la "blogosphère", hier méprisée. Arte lui a consacré une émission, la semaine dernière, et Télérama un dossier, début avril. L'objet de ce brusque intérêt: l'importance des blogs dans la campagne électorale. Internet a en effet marqué
les élections présidentielles de 2007 comme la télévision avait marqué celles de 1965, Mitterrand contre De Gaulle. Le phénomène s'est amorcé en 2005, pendant la campagne sur l'Europe: Etienne
Chouard, un "petit" (c'est à dire un "nobody" comme disent ceux qui se croient VIP, jamais invité par PPDA) prof d'informatique de Marseille met en ligne une analyse du projet de constitution et,
à sa propre stupéfaction (mêlée de crainte), elle se répand comme une traînée de poudre, au point de jouer un rôle déterminant dans la victoire du non. Cet événement campe Internet en rival du
loto: c'est simple, pas cher et ça peut rapporter gros! De bonnes âmes frileuses s'en inquiètent et elles ont raison, c'est une petite révolution qui peut devenir grande: n'importe qui peut
prendre la parole et espérer être entendu. Comme le dit Eli Flory dans une belle formule: il y a
"diffraction de la parole d'autorité".
Les éditeurs eux-mêmes se mettent au Net. Ils acceptent enfin de pactiser avec le Diable! Le dernier Monde des Livres en fait état sous le titre "La promotion par le Net". Gallimard et Belfond, par exemple, encouragent leurs auteurs à bloguer et n'hésitent pas à mettre la main au portefeuille (geste extrêmement douloureux pour la plupart des éditeurs). Gutenberg lance "Un délicieux carnage" de Philippe Ulrich avec un site sur MySpace dédié au personnage du roman, Albert le Dingue. Tout ce que vous voulez savoir sur le personnage et qui n'est pas dans le bouquin. En prime, vous pouvez discuter le coup avec l'auteur.
Pour la sortie de "Papillon des étoiles " de Bernard Werber, Albin Michel a sélectionné 35 "blogueurs influenceurs" en les chargeant de faire connaître le site créé à cet effet. Là, la démarche devient douteuse. L'article du Monde ne précise pas si ces 35 élus ont été "encouragés" d'une manière ou d'une autre. Je n'ai pas envie de jouer au pur et de prêcher la vertu, mais partout où les marchands foutent les pieds, ils salissent la moquette. Prions avec Eli Flory: "Que les blogueurs que nous sommes sachions préserver notre liberté de jugement. Là est notre richesse, et peut-être notre crédibilité, deux vertus essentielles qui manquent quelquefois à certains critiques de la presse écrite."
Les éditeurs eux-mêmes se mettent au Net. Ils acceptent enfin de pactiser avec le Diable! Le dernier Monde des Livres en fait état sous le titre "La promotion par le Net". Gallimard et Belfond, par exemple, encouragent leurs auteurs à bloguer et n'hésitent pas à mettre la main au portefeuille (geste extrêmement douloureux pour la plupart des éditeurs). Gutenberg lance "Un délicieux carnage" de Philippe Ulrich avec un site sur MySpace dédié au personnage du roman, Albert le Dingue. Tout ce que vous voulez savoir sur le personnage et qui n'est pas dans le bouquin. En prime, vous pouvez discuter le coup avec l'auteur.
Pour la sortie de "Papillon des étoiles " de Bernard Werber, Albin Michel a sélectionné 35 "blogueurs influenceurs" en les chargeant de faire connaître le site créé à cet effet. Là, la démarche devient douteuse. L'article du Monde ne précise pas si ces 35 élus ont été "encouragés" d'une manière ou d'une autre. Je n'ai pas envie de jouer au pur et de prêcher la vertu, mais partout où les marchands foutent les pieds, ils salissent la moquette. Prions avec Eli Flory: "Que les blogueurs que nous sommes sachions préserver notre liberté de jugement. Là est notre richesse, et peut-être notre crédibilité, deux vertus essentielles qui manquent quelquefois à certains critiques de la presse écrite."
par Joseph Périgot
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Les archives de l'I.N.A. (Institut National de l'Audiovisuel) sont accessibles sur ina.fr. 100.000 émissions de radio et de télé, dont un extrait est proposé gratuitement et le téléchargement pour quelques euros (1,5 à 5). Ainsi peut-on voir ou revoir Soljenitsine chez Pivot, en 1974, ou Marguerite Duras interviewée par Pierre Dumayet, en 1964, à la sortie de "Lol V. Stein".

J'ai retrouvé une émission du "Masque et la Plume", datant de mars 1974, consacrée à la situation de la librairie et de l'édition française, et motivée par l'ouverture du premier magasin FNAC, rue de Rennes, à Paris. Le monde du livre est en émoi avec l'apparition de cette grande surface spécialisée pratiquant un discount de 20% (la Loi Lang sur le prix unique du livre sera promulguée 7 ans plus tard).
C'est la première fois que "Le Masque" aborde le sujet de l'édition. Autour de François-Régis Bastide, la tribune réunit le président de la Fédération des Syndicats de Libraires, le directeur du S.N.E. (Syndicat National de l'Edition) et du Cercle de la Librairie, et l’éditeur Christian Bourgois.
Les problèmes qu'on connaît sont déjà là, en moins graves: la situation n'est pas encore désespérée! D'ailleurs, il y a des interlocuteurs pour se montrer assez confiants. Que les livres soient vendus dans de grandes surfaces a au moins l'avantage d'élargir leur champ de diffusion – à la condition, bien entendu, que ces magasins ne bénéficient pas de remises exceptionnelles.
Le problème de la lecture est déjà cruel. Pas sûr qu'il se soit aggravé; le développement de la littérature de jeunesse et son introduction dans les écoles l'ont peut-être même un peu contenu. Dans cette émission vieille de trente ans, Christian Bourgois tient le même propos qu'au Salon du Livre 2007: le nombre de lecteurs est dérisoire, on est entouré de gens qui ne lisent pas... Après six ans d'activité, l'éditeur affirmait, en 1974, n'avoir vendu aucun des livres de son catalogue à plus de mille. Les versions "poche" ne doivent pas faire illusion: bien que peu chères, elles connaissent des tirages de l'ordre de 10.000 exemplaires.

J'ai retrouvé une émission du "Masque et la Plume", datant de mars 1974, consacrée à la situation de la librairie et de l'édition française, et motivée par l'ouverture du premier magasin FNAC, rue de Rennes, à Paris. Le monde du livre est en émoi avec l'apparition de cette grande surface spécialisée pratiquant un discount de 20% (la Loi Lang sur le prix unique du livre sera promulguée 7 ans plus tard).
C'est la première fois que "Le Masque" aborde le sujet de l'édition. Autour de François-Régis Bastide, la tribune réunit le président de la Fédération des Syndicats de Libraires, le directeur du S.N.E. (Syndicat National de l'Edition) et du Cercle de la Librairie, et l’éditeur Christian Bourgois.
Les problèmes qu'on connaît sont déjà là, en moins graves: la situation n'est pas encore désespérée! D'ailleurs, il y a des interlocuteurs pour se montrer assez confiants. Que les livres soient vendus dans de grandes surfaces a au moins l'avantage d'élargir leur champ de diffusion – à la condition, bien entendu, que ces magasins ne bénéficient pas de remises exceptionnelles.
Le problème de la lecture est déjà cruel. Pas sûr qu'il se soit aggravé; le développement de la littérature de jeunesse et son introduction dans les écoles l'ont peut-être même un peu contenu. Dans cette émission vieille de trente ans, Christian Bourgois tient le même propos qu'au Salon du Livre 2007: le nombre de lecteurs est dérisoire, on est entouré de gens qui ne lisent pas... Après six ans d'activité, l'éditeur affirmait, en 1974, n'avoir vendu aucun des livres de son catalogue à plus de mille. Les versions "poche" ne doivent pas faire illusion: bien que peu chères, elles connaissent des tirages de l'ordre de 10.000 exemplaires.
par Joseph Périgot
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Pour la musique, on est passés sans sourciller du 78 tours au CD et au DVD, ou au téléchargement sur disque dur. Peu importe le contenant, pourvu qu'on ait l'ivresse de la musique. La musique reste elle-même dans des contenants différents.
Il en va autrement pour le livre. Un livre n'est pas un pur contenant. Il existe en tant qu'objet ne ressemblant qu'à lui-même. On le porte sur soi, dans sa poche, contre son cœur. On le sent, avec son nez (papier+encre). On le caresse – typographié, il a un léger relief. On a un rapport sentimental avec lui. Vivant. Humain. En cas de déménagement, les livres accumulés au long des années, qui ont tous leur petite histoire (parfois, ici et là, une grande histoire) pèsent très lourd, trop lourd pour les déménageurs, mais on ne s'en séparera pas pour un empire – alors que la plupart resteront fermés à jamais.
La femme que j'aime avait toujours habité dans des appartements trop petits. Quand elle put s'offrir une grande maison, quel ne fut pas son plaisir de pouvoir disposer ses livres sur une seule rangée, les étaler, chaque tranche visible, lisible, donc à sa place dans le classement alphabétique et facile à retrouver, au lieu des deux rangées, l'une cachée derrière l'autre, qu'imposait une bibliothèque à l'étroit!
Quand, pour la première fois, un éditeur – qu'il soit nommé: il s'agit de Pierre-Jean Oswald – a décidé de faire un livre avec le texte sorti de moi, j'étais exalté. Je ne dormais plus. Le jour où je devais lui remettre la copie définitive – théoriquement bonne à imprimer, donc à faire un livre – j'ai été victime d'une diarrhée qui m'a fait rater le rendez-vous!
Un livre... C'est beaucoup plus qu'un livre...
Patrick Bazin, directeur de la bibliothèque municipale de Lyon, conservateur général des bibliothèques et président de l'Institut d'Histoire du livre, en parle magnifiquement dans son blog de Livres Hebdo et en tire des conclusions sur son avenir, à un moment où le e-paper semble le menacer:
Il en va autrement pour le livre. Un livre n'est pas un pur contenant. Il existe en tant qu'objet ne ressemblant qu'à lui-même. On le porte sur soi, dans sa poche, contre son cœur. On le sent, avec son nez (papier+encre). On le caresse – typographié, il a un léger relief. On a un rapport sentimental avec lui. Vivant. Humain. En cas de déménagement, les livres accumulés au long des années, qui ont tous leur petite histoire (parfois, ici et là, une grande histoire) pèsent très lourd, trop lourd pour les déménageurs, mais on ne s'en séparera pas pour un empire – alors que la plupart resteront fermés à jamais.
La femme que j'aime avait toujours habité dans des appartements trop petits. Quand elle put s'offrir une grande maison, quel ne fut pas son plaisir de pouvoir disposer ses livres sur une seule rangée, les étaler, chaque tranche visible, lisible, donc à sa place dans le classement alphabétique et facile à retrouver, au lieu des deux rangées, l'une cachée derrière l'autre, qu'imposait une bibliothèque à l'étroit!
Quand, pour la première fois, un éditeur – qu'il soit nommé: il s'agit de Pierre-Jean Oswald – a décidé de faire un livre avec le texte sorti de moi, j'étais exalté. Je ne dormais plus. Le jour où je devais lui remettre la copie définitive – théoriquement bonne à imprimer, donc à faire un livre – j'ai été victime d'une diarrhée qui m'a fait rater le rendez-vous!
Un livre... C'est beaucoup plus qu'un livre...
Patrick Bazin, directeur de la bibliothèque municipale de Lyon, conservateur général des bibliothèques et président de l'Institut d'Histoire du livre, en parle magnifiquement dans son blog de Livres Hebdo et en tire des conclusions sur son avenir, à un moment où le e-paper semble le menacer:
"Du fait de sa forme stable, linéaire et close, facilement appréhendable dans sa totalité (unité de lieu et de temps), le livre est un lieu de mémoire et de représentation. Sa lecture déroule un théâtre intérieur par lequel le lecteur se représente à son rythme ce que l’auteur lui raconte tout en se représentant lui-même et en s’affirmant lui-même, au miroir de l’auteur, comme lecteur singulier. Certes, ainsi que toutes les autres formes d’expression orale ou écrite, le livre prolonge et élargit la conversation que les hommes se font depuis toujours, une conversation qui les dépasse et les enveloppe tel un tissage de mots sans limite et sans fin. Mais, paradoxalement, il y parvient dans l’illusion d’un huis clos hors temps où le lecteur viendrait écouter la voix d’un confident lui raconter le monde et, par la même occasion, le révéler à lui-même. Cette confiance, non seulement dans le texte, mais dans l’auteur qui vous parle, dans sa façon de vous faire signe (son intentionnalité) et dans l’image qu’il vous renvoie de vous-même, est essentielle."
par Joseph Périgot
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"La mesure du taux d'audience est devenue le jugement dernier du journaliste: jusque dans les lieux les plus autonomes du journalisme, à part peut-être Le Canard enchaîné, Le Monde diplomatique, et quelques petites revues d'avant-garde animées par des gens généreux et "irresponsables", l'audimat est actuellement dans tous les cerveaux. Il y a aujourd'hui une "mentalité audimat" dans les salles de rédaction, dans les maisons d'édition, etc. Partout, on pense en termes de succès commercial. Il y a simplement une trentaine d'années, et ça depuis le milieu du XIXème siècle, depuis Baudelaire, Flaubert etc., dans le milieu des écrivains d'avant-garde, des écrivains pour écrivains, reconnus par les écrivains, ou, de même, parmi les artistes reconnus par les artistes, le succès commercial immédiat était suspect: on y voyait un signe de compromission avec le siècle, l'argent... Alors qu'aujourd'hui, de plus en plus, le marché est reconnu comme instance légitime de légitimation. On le voit bien avec cettte autre institution récente qu'est la liste des best-sellers. [...] A travers l'audimat, c'est la logique du commercial qui s'impose aux productions culturelles. Or, il est important de savoir que, historiquement, toutes les productions culturelles que je considère – et je ne suis pas le seul, j'espère –, qu'un certain nombre de gens considèrent comme les productions les plus hautes de l'humanité, les mathématiques, la poésie, la littérature, la philosophie, toutes ces choses ont été produites contre l'équivalent de l'audimat, contre la logique du commerce. Voir se réintroduire cette mentalité audimat jusque chez les éditeurs d'avant-garde, jusque dans les institutions savantes, qui se mettent à faire du marketing, c'est très inquiétant parce que cela risque de mettre en question les conditions mêmes de la production d'œuvres qui peuvent paraître ésotériques, parce qu'elles ne vont pas au devant des attentes de leur public, mais qui, à terme, sont capables de créer leur public." Extrait de "Sur la télévision", p.28. [Commander ce livre]
par Joseph Périgot
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Les chiffres sont aisément manipulables — et nos gouvernants ne s'en privent pas —, il faut donc s'en méfier (des chiffres et des gouvernants!), mais quand leur source n'est pas douteuse, ils sont "éloquents", comme on dit. Je suis allé fouiller dans le Quid, aux chapitres concernant la production éditoriale. Ce sont les chiffres de 2004. Ils sont tirés, pour la plupart, de Livres Hebdo, d'enquêtes SOFRES ou d'organismes officiels comme le Centre National du Livre et le Syndicat National de l'Edition. Tout ne doit pas être faux...
Nombre de titres publiés: 65345 dans l'année, dont 12601 romans (en 1985: 29068, soit moins de la moitié). Ce chiffre se décompose en 33556 nouveautés et nouvelles éditions, et 31789 réimpressions. [200 livres par jour, dont 100 nouveautés!]
Tirage moyen par titre: 7 840 (en 1985 : 12 417). 50 % des ouvrages littéraires sont tirés à moins de 5 200 exemplaires, 24 % de 6 000 à 12 000, 8 % de 12 000 à 18 000, 6,5 % de 18 000 à 24 000, 5 % de 24 000 à 36 000, 7,5 % au-delà.
Volumes produits: 512,3 millions; romans: 143,8 millions. [Et 100 millions vont au pilon.]
Seuil de rentabilité d'un roman: 6 000 exemplaires. Sur 10 titres publiés par un éditeur, 2 ou 3 se vendent passablement et 1 ou 2 seulement sont de bonnes ventes. [Le seuil à 6000, c'est chez les gros qui ont de gros frais de structure: locaux dans le VIème arrondissement, pdg grassement payé, avion en classe affaires etc. Chez les petits, le seuil est quatre fois plus bas.]
Décomposition du prix d'un livre (en %): détaillant 34 à 38, fabrication 12 à 20, éditeur 12 à 16, auteur 10 à 12, distributeur 10 à 12, diffuseur 5 à 8, TVA 5,5. [10 à 12 % pour l'auteur, c'est vite dit! On ne peut en arriver à ce chiffre qu'en mélangeant les best sellers et les ventes "confidentielles", puisque plus on vend plus le % est important – il pleut toujours où c'est mouillé – et en ignorant que pour certains secteurs de vente, par exemple les clubs du livre, les droits d'auteur sont laminés, jusqu'à moins de 1%]
Nombre d'éditeurs: entre 6 000 et 7 000 ont publié au moins 1 titre en 2002 ; 800 ont une activité régulière et 350 une activité significative.
Manuscrits reçus par La Poste: Gallimard 6000, Le Seuil 4000, Pol 3000, Minuit 2000. Publiés : 1 sur 2 000. [ Jouez plutôt au loto.]
Chiffre d'affaires des 10 premiers éditeurs (en millions d'€, 2004). Hachette Livre 1 431,5, Editis 717,4, France-Loisirs 404, Atlas 387,6, Média Participations 308,7, La Martinière 260, Flammarion 238,1, Gallimard 221,1, Lefebvre-Sarrut 213,5, Albin Michel 212,1.
Nombre de points de vente (en 1995) : 26090 dont presse 11990, supermarchés et magasins populaires 7250, librairies-papeteries à choix restreint 3000, librairies générales à assortiment diversifié 2300, hypermarchés 1000, librairies spécialisées 500, librairies multi spécialistes et grandes surfaces spécialisées 50.
Titres disponibles en librairie: 498000. Assortiment moyen d'une librairie générale : 10 000 à 20000 livres.
Canaux de vente (répartition des achats en valeur (en %) : VPC et clubs (dont France Loisirs) 22,6 (dont ventes par Internet 4,6), grandes surfaces spécialisées (dont Fnac) 21,8, non spécialisées (dont hyper) 20,1, librairies 19,1, maisons de la presse 7,2, soldeurs/occasion 1,8, grands magasins 0,6, courtage 0,2, autres (comités d'entreprise, kiosques, gares, salons...) 6,5. [Les libraires ne vendent que 1 livre sur 5.]
Principales librairies: Chiffre d'affaires, livre (en millions d'€, 2005) : Mollat (Bordeaux, créée 1896 par Albert Mollat ; surface de vente : 2 700 m2, titres : 160 000 ; livres en stock : 320 000) 21,9. Le Furet du Nord (Lille) 20,7. Sauramps (Montpellier) 19,7.
Librairies à distance: quelques dizaines de sites Internet dont Amazon (USA, 3,4 milliards de $ en 1998), fnac.com (magasin en ligne de la Fnac). En 2002, les ventes de livres via Internet ont représenté 1 % du marché (4,5 millions d'ex. sur 450 millions vendus). [ Le marché progresse de 25% par an.]
France Loisirs. Détenu à 100 % par Bertelsmann depuis mars 2001. Adhérents (en millions): 3,8. Exemplaires vendus (en 2005) : 24 000 000 (8 % du marché français). Titres : 650/an. Tirage moyen: 10 000 ex. [Comment expliquer un tel poids des clubs? C'est un abonnement-assurance à la culture, puisque les clubs sont censés diffuser les "meilleurs titres". L'acheteur a un peu la main forcée, les "livres du mois" étant envoyés par défaut. Le taux de lecture doit être assez bas.]
Achat de livres: 54,2 % des Français ont acheté au moins un livre. Chaque acheteur a acquis en moyenne 7,8 ouvrages (pour 83 €).
Nombre d'écrivains: chaque année, 6 000 à 6 500 auteurs (dont 1 500 à 2 000 de romans) publient un livre.
Droits d'auteur. Montant des % (sur le prix de vente HT, décidé de gré à gré) : littérature : 5 à 15, ouvrages illustrés : 7 à 12, jeunesse : 5 à 7. Exploitation des droits dérivés et annexes : par l'éditeur : habituellement 7 % ; par un tiers : recette à partager entre auteur et éditeur (50/50).
Écrivains « professionnels » : en 2003 : 1 803 écrivains (représentaient 60 691 578 € de droits d'auteur déclarés). Revenu annuel : moins du Smic : 44 % ; plus du Smic : 56 % (environ 70 personnes touchaient plus de 115 342 € et 28 plus de 230 685 €). La plupart avaient un métier principal (notamment les auteurs d'ouvrages d'érudition) ou annexe (journalisme, radio, télév., etc.).
Nombre de titres publiés: 65345 dans l'année, dont 12601 romans (en 1985: 29068, soit moins de la moitié). Ce chiffre se décompose en 33556 nouveautés et nouvelles éditions, et 31789 réimpressions. [200 livres par jour, dont 100 nouveautés!]
Tirage moyen par titre: 7 840 (en 1985 : 12 417). 50 % des ouvrages littéraires sont tirés à moins de 5 200 exemplaires, 24 % de 6 000 à 12 000, 8 % de 12 000 à 18 000, 6,5 % de 18 000 à 24 000, 5 % de 24 000 à 36 000, 7,5 % au-delà.
Volumes produits: 512,3 millions; romans: 143,8 millions. [Et 100 millions vont au pilon.]
Seuil de rentabilité d'un roman: 6 000 exemplaires. Sur 10 titres publiés par un éditeur, 2 ou 3 se vendent passablement et 1 ou 2 seulement sont de bonnes ventes. [Le seuil à 6000, c'est chez les gros qui ont de gros frais de structure: locaux dans le VIème arrondissement, pdg grassement payé, avion en classe affaires etc. Chez les petits, le seuil est quatre fois plus bas.]
Décomposition du prix d'un livre (en %): détaillant 34 à 38, fabrication 12 à 20, éditeur 12 à 16, auteur 10 à 12, distributeur 10 à 12, diffuseur 5 à 8, TVA 5,5. [10 à 12 % pour l'auteur, c'est vite dit! On ne peut en arriver à ce chiffre qu'en mélangeant les best sellers et les ventes "confidentielles", puisque plus on vend plus le % est important – il pleut toujours où c'est mouillé – et en ignorant que pour certains secteurs de vente, par exemple les clubs du livre, les droits d'auteur sont laminés, jusqu'à moins de 1%]
Nombre d'éditeurs: entre 6 000 et 7 000 ont publié au moins 1 titre en 2002 ; 800 ont une activité régulière et 350 une activité significative.
Manuscrits reçus par La Poste: Gallimard 6000, Le Seuil 4000, Pol 3000, Minuit 2000. Publiés : 1 sur 2 000. [ Jouez plutôt au loto.]
Chiffre d'affaires des 10 premiers éditeurs (en millions d'€, 2004). Hachette Livre 1 431,5, Editis 717,4, France-Loisirs 404, Atlas 387,6, Média Participations 308,7, La Martinière 260, Flammarion 238,1, Gallimard 221,1, Lefebvre-Sarrut 213,5, Albin Michel 212,1.
Nombre de points de vente (en 1995) : 26090 dont presse 11990, supermarchés et magasins populaires 7250, librairies-papeteries à choix restreint 3000, librairies générales à assortiment diversifié 2300, hypermarchés 1000, librairies spécialisées 500, librairies multi spécialistes et grandes surfaces spécialisées 50.
Titres disponibles en librairie: 498000. Assortiment moyen d'une librairie générale : 10 000 à 20000 livres.
Canaux de vente (répartition des achats en valeur (en %) : VPC et clubs (dont France Loisirs) 22,6 (dont ventes par Internet 4,6), grandes surfaces spécialisées (dont Fnac) 21,8, non spécialisées (dont hyper) 20,1, librairies 19,1, maisons de la presse 7,2, soldeurs/occasion 1,8, grands magasins 0,6, courtage 0,2, autres (comités d'entreprise, kiosques, gares, salons...) 6,5. [Les libraires ne vendent que 1 livre sur 5.]
Principales librairies: Chiffre d'affaires, livre (en millions d'€, 2005) : Mollat (Bordeaux, créée 1896 par Albert Mollat ; surface de vente : 2 700 m2, titres : 160 000 ; livres en stock : 320 000) 21,9. Le Furet du Nord (Lille) 20,7. Sauramps (Montpellier) 19,7.
Librairies à distance: quelques dizaines de sites Internet dont Amazon (USA, 3,4 milliards de $ en 1998), fnac.com (magasin en ligne de la Fnac). En 2002, les ventes de livres via Internet ont représenté 1 % du marché (4,5 millions d'ex. sur 450 millions vendus). [ Le marché progresse de 25% par an.]
France Loisirs. Détenu à 100 % par Bertelsmann depuis mars 2001. Adhérents (en millions): 3,8. Exemplaires vendus (en 2005) : 24 000 000 (8 % du marché français). Titres : 650/an. Tirage moyen: 10 000 ex. [Comment expliquer un tel poids des clubs? C'est un abonnement-assurance à la culture, puisque les clubs sont censés diffuser les "meilleurs titres". L'acheteur a un peu la main forcée, les "livres du mois" étant envoyés par défaut. Le taux de lecture doit être assez bas.]
Achat de livres: 54,2 % des Français ont acheté au moins un livre. Chaque acheteur a acquis en moyenne 7,8 ouvrages (pour 83 €).
Nombre d'écrivains: chaque année, 6 000 à 6 500 auteurs (dont 1 500 à 2 000 de romans) publient un livre.
Droits d'auteur. Montant des % (sur le prix de vente HT, décidé de gré à gré) : littérature : 5 à 15, ouvrages illustrés : 7 à 12, jeunesse : 5 à 7. Exploitation des droits dérivés et annexes : par l'éditeur : habituellement 7 % ; par un tiers : recette à partager entre auteur et éditeur (50/50).
Écrivains « professionnels » : en 2003 : 1 803 écrivains (représentaient 60 691 578 € de droits d'auteur déclarés). Revenu annuel : moins du Smic : 44 % ; plus du Smic : 56 % (environ 70 personnes touchaient plus de 115 342 € et 28 plus de 230 685 €). La plupart avaient un métier principal (notamment les auteurs d'ouvrages d'érudition) ou annexe (journalisme, radio, télév., etc.).
par Joseph Périgot
publié dans :
édition
Les Pacom
Hors la loi
La nuit du voleur