Texte Libre
Ce blog est le prélude à la création d'un lieu éditorial sur le Net, que je n'appellerai pas "maison" mais "bibliothèque". Je constituerai peu à peu une
collection de livres sous le nom de "littératures".
La "littérature engagée" que défendaient Sartre et Les Temps Modernes a fait long feu. On a l'exemple
des romans et des pièces de Sartre lui-même – "Les Chemins de la liberté", "Les Mains sales" – qui sont illisibles aujourd'hui (je n'ai pas essayé de les relire, mais je n'en ai pas la moindre
envie, c'est un signe !).
Cela dit, Sartre n'a jamais appelé les écrivains à se mettre au service d'un parti, d'un programme politique et social. L'engagement qu'il prône n'a rien à voir avec le "réalisme socialiste". Qu'est-ce que la littérature? est un manifeste contre l'art pour l'art, où il affirme la responsabilité de l'écrivain: chacune de ses paroles a un sens, des retentissements, comme chacun de ses silences. "On regrette l'indifférence de Balzac devant les journées de 1848, l'incompréhension apeurée de Flaubert en face de la Commune; on les regrette pour eux: il y a là quelque chose qu'ils ont manqué pour toujours. Nous ne voulons rien manquer de notre temps."
Sans aller jusqu'à prendre les mots pour des "pistolets chargés", comme Sartre le dit, reprenant l'expression de Brice Parain, la "littérature pure" chère à un Gide ne me concerne pas. Pire: je ne comprends pas ce que ça veut dire, comment ça peut exister, l'art pour l'art. L'art n'a de valeur que pour la vie. Et la vie d'un être humain est indissociable de la société, donc étroitement dépendante de son organisation, c'est à dire de la politique, au sens étymologique du terme.
Une littérature "engagée" pâtit de sa finalité, se perd le plus souvent dans le message qu'elle prétend transmettre, mais une littérature "dégagée" est une aberration, qui trahit un écrivain infirme, amputé d'une partie essentielle de lui-même. Lobotomisé. Ça me fait penser à l'éradication du sexe (aïe !) par l'église catholique.
Cela dit, Sartre n'a jamais appelé les écrivains à se mettre au service d'un parti, d'un programme politique et social. L'engagement qu'il prône n'a rien à voir avec le "réalisme socialiste". Qu'est-ce que la littérature? est un manifeste contre l'art pour l'art, où il affirme la responsabilité de l'écrivain: chacune de ses paroles a un sens, des retentissements, comme chacun de ses silences. "On regrette l'indifférence de Balzac devant les journées de 1848, l'incompréhension apeurée de Flaubert en face de la Commune; on les regrette pour eux: il y a là quelque chose qu'ils ont manqué pour toujours. Nous ne voulons rien manquer de notre temps."
Sans aller jusqu'à prendre les mots pour des "pistolets chargés", comme Sartre le dit, reprenant l'expression de Brice Parain, la "littérature pure" chère à un Gide ne me concerne pas. Pire: je ne comprends pas ce que ça veut dire, comment ça peut exister, l'art pour l'art. L'art n'a de valeur que pour la vie. Et la vie d'un être humain est indissociable de la société, donc étroitement dépendante de son organisation, c'est à dire de la politique, au sens étymologique du terme.
Une littérature "engagée" pâtit de sa finalité, se perd le plus souvent dans le message qu'elle prétend transmettre, mais une littérature "dégagée" est une aberration, qui trahit un écrivain infirme, amputé d'une partie essentielle de lui-même. Lobotomisé. Ça me fait penser à l'éradication du sexe (aïe !) par l'église catholique.
par Joseph Périgot
publié dans :
littératures
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