Texte Libre
Ce blog est le prélude à la création d'un lieu éditorial sur le Net, que je n'appellerai pas "maison" mais "bibliothèque". Je constituerai peu à peu une
collection de livres sous le nom de "littératures".
La librairie, lieu de rencontre... Avec les auteurs, qui sont enfermés dans leurs livres et qu'il faut aller débusquer. Avec les lecteurs, du même quartier, de la même ville, jusque là anonymes. Avec les libraires, bien sûr, dont la tâche principale, au fond, est de transmettre une passion.Bref, que la librairie soit un lieu de vie. Où l'on puisse boire le thé, pourquoi pas? Le thé, ou une mousse, ou un verre de côtes. Et puis, allez, on se laisse tenter par une petite quiche lorraine... Certains cinémas d'art et essai ont réussi à créer autour d'eux cet espace vivant. Je pense, dans ma région, à Utopia, à Avignon, et au Sémaphore, à Nîmes.
Et, il ne faut pas croire, il y a aussi du vivant sur Internet! Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur tel auteur, c'est quelque part sur le web. Alors pourquoi le web ne serait-il pas consultable au sein même de la librairie? Et comme le libraire ne peut pas faire la nounou pour chaque client, le dialogue peut passer par un blog.
C'est ce que fait un libraire, dans un bourg, à 20 kms de Limoges, il discute avec ses clients sur le blog, leur conseille tel bouquin qui vient de sortir, mais aussi commente l'actualité régionale (il n'y a pas que la littérature, dans la vie!) Le blog fait partie intégrante de sa librairie, il ne vend pas un livre sans y joindre l'adresse Internet, et il a une centaine de visites par jour.
On peut imaginer trente-six initiatives de ce genre, qui vont dans le sens de la vie et de la littérature. Par exemple, je connais des gens qui se réunissent entre copains, une fois par mois, pour se faire la lecture. Ça pourrait se passer entre clients de la librairie.
Il faudrait construire des passerelles entre tous les lieux concernés par le livre, en particulier librairies, bibliothèques, écoles. La médiathèque d'une petite ville près de chez moi a fait un accord avec les écoles primaires et le collège, pour que chaque classe se rende au moins une fois par mois à la médiathèque. Pourquoi pas mettre les librairies dans le coup? Leur caractère commercial ne devrait pas être un obstacle, puisqu'il s'agit d'un commerce pas comme les autres.
Cela dit, le libraire ne peut pas se couper en quatre et son espace non plus. Cette librairie rêvée devra être aidée par la collectivité. On subventionne bien les clubs de foot. Mais l'état politique du pays n'est guère encourageant: depuis vingt ans, les services publics se ratatinent, jusqu'à la sécu qui est menacée! Alors, les bouquins, vous pensez bien...
par Joseph Périgot
publié dans :
librairie
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