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  • : Ce blog fut d'abord dédié à l'avenir de la l'édition littéraire aujourd'hui moribonde. Après quatre mois et une quarantaine d'articles, j'ai eu le sentiment d'avoir fait le tour de la question et éprouvé le besoin d'une démarche plus méthodique. Je me suis donc attelé à un livre sur le sujet. Les articles restant d'actualité, je laisse ce blog en ligne, mais il n'est plus alimenté.
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Mercredi 25 avril 2007
Le S.L.F., Syndicat de la Librairie Française, qui regroupe quelque 500 librairies indépendantes sur les 2000 à 2500 que compte la France, a annoncé la création d'un site de vente sur Internet. On a envie de dire: enfin! Dix ans après la création d'Amazon, à un moment où la vente en ligne atteint 4,5% de parts du marché, avec une progression de 35% en 2006, il y avait urgence. Faire des procès à Amazon et Alapage, en les accusant d'enfreindre la loi sur le prix unique avec le port gratuit, c'était de bonne guerre et un juste combat, mais un peu court. Polémiquer avec les éditeurs qui consentent aux sites marchands la même ristourne qu'aux libraires ou qui acceptent la numérisation de leurs ouvrages pour le programme de recherche de contenu proposé par Amazon ("Cherchez au cœur"), ça, c'était tout simplement vain, inefficace et révélateur du malaise.

C'est un portail qui est annoncé pour début 2008, c'est à dire une plateforme regroupant les 500 librairies, avec la possibilité pour chacune d'y gérer son propre site. On peut raisonnablement penser que les 500 fonds additionnés regrouperont tous les livres disponibles en français (environ 500.000), ce qui dispensera de la commande à l'éditeur et raccourcira donc le délai de livraison. Un petit plus par rapport aux sites marchands les plus connus (Amazon, Alapage, Chapitre, Fnac), qui fonctionnent sans stock. Même avantage par rapport aux sites de grosses librairies, dont le stock est forcément limité (92.000 ouvrages, par exemple, pour Ombres Blanches, à Toulouse).

Mais Renny Aupetit, secrétaire général du S.L.F., tient un propos inquiétant au Journal du Net: "Notre objectif est surtout de faire venir des lecteurs dans nos magasins. Internet prend de plus en plus de place dans notre relation avec nos clients. Par exemple, de plus en plus de commandes et de réservations sont faites par e-mail." Le "surtout" fait tache. Internet ne serait qu'un bon outil permettant aux bons libraires de fonctionner comme avant. Le représentant des libraires n'a pas compris que ce qui se prépare, c'est une révolution copernicienne: les librairies viendront en complément de la vente en ligne. En supplément. Un "supplément d'âme", comme on l'a dit. Ce supplément étant essentiel pour toute une clientèle, le commerce des livres en ville ne disparaîtra pas, mais la transition risque d'être douloureuse si le virage est mal pris ou mollement négocié.


Par Joseph Périgot - Publié dans : librairie
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