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  • : Littératures, de Joseph Périgot
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  • : Ce blog fut d'abord dédié à l'avenir de la l'édition littéraire aujourd'hui moribonde. Après quatre mois et une quarantaine d'articles, j'ai eu le sentiment d'avoir fait le tour de la question et éprouvé le besoin d'une démarche plus méthodique. Je me suis donc attelé à un livre sur le sujet. Les articles restant d'actualité, je laisse ce blog en ligne, mais il n'est plus alimenté.
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Ce blog est le prélude à la création d'un lieu éditorial sur le Net, que je n'appellerai pas "maison" mais "bibliothèque". Je constituerai peu à peu une collection de livres sous le nom de "littératures".
Samedi 20 janvier 2007
The long tail : cette expression nous vient d'Outre-Atlantique et caractérise le commerce numérique des "biens culturels". La longue queue, telle est sa traduction exacte. Ceux qui l'ont importée ont jugé cette traduction "ambiguë" (osent-ils parler de la queue des comètes et des pianos à queue?) et lui ont préféré la longue traîne, qui évoque, au choix, le filet des chalutiers ou la robe de la mariée. J'opterai pour le filet des pêcheurs.

L'idée est, pour une part, une version moderne du bouche-à-oreille : le Net donne à un livre inconnu du grand public le temps et les moyens de se propager sans marketing et sans publicité, les deux mamelles du "marché de masse". Le filet qu'il traîne s'alourdit peu à peu, au fil des commentaires de lecteurs sur les librairies en ligne ou dans les multiples blogs littéraires, à l'aide des recommandations du genre : "Ceux qui ont acheté ce livre, on aussi acheté...", ou plus simplement par contamination, d'ami en ami, via la messagerie électronique. De plus, ce n'est pas pour rien qu'on appelle le web "la toile". Il est tissé de réseaux, or un réseau accélère la propagation, et ça communique de réseau en réseau. Une simple recherche sur Google révèle, si ce n'est un réseau au sens exact, tout ce qu'il faut pour faire un réseau.

Souvenons-nous du prof de droit toulonnais qui perturba de manière décisive le grand prêche du oui en 2005. On l'a accusé de tous les maux quand ce n'était qu'un citoyen responsable aidant à l'exercice de la démocratie, sans aucune démarche promotionnelle, par la seule mise en ligne d'un texte intelligent et documenté.

Mais la circulation de l'information propre à Internet ne suffit pas à expliquer la longue queue. La délocalisation du marché joue pour beaucoup. Un local de librairie ne peut contenir qu'un nombre limité de livres et son rayon de chalandise est de quelques kilomètres. En théorie, une librairie en ligne peut proposer au monde entier le catalogue complet de tous les éditeurs connus... et inconnus. Conséquence directe: un livre n'a pas besoin d'être au hit parade pour avoir une place dans  "l'espace" commercial et le marché est tellement vaste qu'il a toutes les chances de trouver des lecteurs.

On objectera qu'une grosse machine comme Amazon n'a aucun intérêt à s'embarrasser de bouquins qui se vendront à dix exemplaires sur les dix ans à venir. Erreur ! D'abord, ce n'est guère un embarras, le "stock" d'une librairie en ligne n'étant que virtuel. Mais surtout, les statistiques d'Amazon révèlent que la majorité des ouvrages vendus ne sont pas présents dans les librairies. Comme le dit sans fioritures un capital-risqueur américain: "C'est dans les plus faibles ventes qu'il y a le plus d'argent à faire." Patience et longueur de traîne, voilà la solution. Ce qui est petit est gentil et peut rapporter gros. En matière de pub, Google fait son beurre avec une myriade de petits annonceurs.

Bien entendu, ce n'est pas le profit qui m'excite, mais la diversité culturelle qui se profile à l'horizon. La nouvelle édition pourra échapper à la tyrannie du plus petit dénominateur commun, indispensable pour séduire une masse, c'est à dire un gros tas de lecteurs. Il y aura toujours des Congourt, des Little montés sur talonnettes, des Marc Levyde, des Cacavalda, mais ils ne pomperont plus l'air aux livres authentiques, qui auront tout le temps de trouver leurs lecteurs.

Vive la longue queue !
Par Périgot - Publié dans : librairie
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Les changements survenus dans l'édition française en l'espace d'une année (2003) montrent comment des cultures traditionnelles peuvent être modifiées en très peu de temps: ce qui semblait aux yeux de tous un paysage stable et bien établi a pu se trouver aisément bouleversé. Comme dans une rangée de dominos, les transformations d'une entreprise ont entraîné une série de métamorphoses qui ont fini par altérer l'espace culturel public en France. André Schiffrin


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VIENT DE PARAITRE
couv-pacom1.jpgLes Pacom
4 histoires inédites
pour les 9-12 ans

par Lou & Périgot
littératures • 9,50 €
Texte intégral en ligne
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En 2001-2002, les Editions Fayard inauguraient un "secteur jeunesse" avec 12 titres des "Pacom", une collection mettant en scène des parents "pas comme" les autres, qui apprennent à Juju et Lulu à ne pas être des moutons, à tout mettre en question, à penser par eux-mêmes. Cette initiation à l'approche philosophique, irrespectueuse, voire provocatrice, a fait chou blanc faute d'une commercialisation adaptée par un éditeur qui n'y connaissait rien en littérature jeunesse, mais aussi à cause de la conjoncture politique : elle a été mise en place en librairie, le... 11 septembre 2001 ! Dans ce livre, j'ai auto-édité 4 histoires restées en rade chez Fayard.

SAUVÉ DU PILON
horslaloi-couv1.jpgHors la loi
de Joseph Périgot
(à partir de 10 ans)
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La nuit du voleur
de Joseph Périgot
(à partir de 8 ans)
Trois "Souris Noire"
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