*

  • : Littératures, de Joseph Périgot
  • litteratures
  • : édition photographie littérature écriture actualite
  • : Ce blog fut d'abord dédié à l'avenir de la l'édition littéraire aujourd'hui moribonde. Après quatre mois et une quarantaine d'articles, j'ai eu le sentiment d'avoir fait le tour de la question et éprouvé le besoin d'une démarche plus méthodique. Je me suis donc attelé à un livre sur le sujet. Les articles restant d'actualité, je laisse ce blog en ligne, mais il n'est plus alimenté.
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Dossiers

Newsletter

Inscription à la newsletter

Texte Libre

Ce blog est le prélude à la création d'un lieu éditorial sur le Net, que je n'appellerai pas "maison" mais "bibliothèque". Je constituerai peu à peu une collection de livres sous le nom de "littératures".
Lundi 13 août 2007
Voici un texte écrit par Goytisolo lui-même pour Le Monde Diplomatique, à la sortie de son dernier livre, "Et quand le rideau tombe".

"Et quand le rideau tombe est une «fiction autobiographique». Lorsque la vie d’un auteur entre dans un roman, elle se change en littérature. On y trouve des éléments biographiques, mais insérés en fonction des exigences de la fiction. Bien évidemment, je n’ai parlé ni avec Méphisto, ni avec le Démiurge, ni avec Dieu... Au début, lorsque j’ai commencé la rédaction d’Et quand le rideau tombe, je n’avais pas le sentiment qu’il y eût beaucoup d’amertume, bien que ce travail m’ait pris six ans. Au final, il y a une bonne dose de lucidité.

Le but du roman consiste à trouver un équilibre difficile entre poésie et trame. Le roman peut, selon le mécanisme de décantation, se changer en poème, en prose, ou en simple scénario cinématographique. Il y a des romans écrits pour être adaptés à l’écran, ce sont de simples trames. Mais les romans qui m’intéressent sont ceux qui, soumis à une décantation, aboutissent à un condensé de musique des mots, de beauté du langage, c’est-à-dire à quelque chose qui n’est plus une simple trame. Reste qu’il faut parvenir à un équilibre, fort difficile à atteindre. Les différents chapitres de ce livre peuvent être lus indépendamment les uns des autres. Toujours est-il que la trame existe. Il y a une logique argumentative qui court jusqu’à la fin du récit.

Certains auteurs écrivent pour vendre, d’autres le font pour être lus. Je souhaiterais, quant à moi, avoir le plus grand nombre de relecteurs possible. Dans Et quand le rideau tombe, l’image du chardon meurtri, piétiné en Tchétchénie par les bottes de la soldatesque russe, les bottes du tsar, celles de M. Eltsine puis celles de M. Poutine : c’est l’un des fils conducteurs de la trame, le recommencement absurde de la barbarie humaine. Entre le progrès de la société et l’héritage bestial, c’est parfois l’héritage bestial qui l’emporte. De ce côté-là, les choses n’ont pas beaucoup changé. Les brutalités de la guerre civile espagnole se perpétuent dans toutes les guerres civiles. On se demande en quoi l’espèce humaine s’est améliorée. Ne serait-il pas plus juste de la nommer plutôt l’«espèce inhumaine»?

Le véritable engagement du créateur se fait à l’égard de sa propre langue. Il peut y avoir des «créateurs ignobles», comme l’écrivain espagnol Francisco de Quevedo [1580-1645], incarnation du parfait salaud. Misogyne, il vomissait les homosexuels, les juifs, les Noirs et les Maures ; il arborait un patriotisme sans tache, et puis un jour on a découvert qu’il était agent à la solde de l’ambassade de France : le salaud parfait... Mais il fut un poète génial.

Mon engagement a toujours été envers les mots : proposer une écriture nouvelle, différente de celle qui existait quand j’ai entamé mon activité créatrice. J’ai assumé également des engagements en faveur de causes civiques. D’abord contre le franquisme, et aujourd’hui contre les nationalismes et les fondamentalismes – y compris le fondamentalisme de la technoscience, à mes yeux l’un des plus dangereux."


(Propos recueillis par Javier Valenzuela. Traduits de l’espagnol par Abdelatif Ben Salem.)

 
par Joseph Périgot recommander

Commentaires

Aucun commentaire pour cet article

ajouter un commentaire

*

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

*

Les changements survenus dans l'édition française en l'espace d'une année (2003) montrent comment des cultures traditionnelles peuvent être modifiées en très peu de temps: ce qui semblait aux yeux de tous un paysage stable et bien établi a pu se trouver aisément bouleversé. Comme dans une rangée de dominos, les transformations d'une entreprise ont entraîné une série de métamorphoses qui ont fini par altérer l'espace culturel public en France. André Schiffrin


*

VIENT DE PARAITRE
couv-pacom1.jpgLes Pacom
4 histoires inédites
pour les 9-12 ans

par Lou & Périgot
littératures • 9,50 €
Texte intégral en ligne
et commande du livre


En 2001-2002, les Editions Fayard inauguraient un "secteur jeunesse" avec 12 titres des "Pacom", une collection mettant en scène des parents "pas comme" les autres, qui apprennent à Juju et Lulu à ne pas être des moutons, à tout mettre en question, à penser par eux-mêmes. Cette initiation à l'approche philosophique, irrespectueuse, voire provocatrice, a fait chou blanc faute d'une commercialisation adaptée par un éditeur qui n'y connaissait rien en littérature jeunesse, mais aussi à cause de la conjoncture politique : elle a été mise en place en librairie, le... 11 septembre 2001 ! Dans ce livre, j'ai auto-édité 4 histoires restées en rade chez Fayard.

SAUVÉ DU PILON
horslaloi-couv1.jpgHors la loi
de Joseph Périgot
(à partir de 10 ans)
En savoir + et commander
Texte intégral en ligne
 
SAUVÉ DU PILON
nuit-du-voleur-etc.jpg
La nuit du voleur
de Joseph Périgot
(à partir de 8 ans)
Trois "Souris Noire"
des années 80
En savoir + et commander
 

 

 

 

 

       
Blog : Gay sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus