La librairie, lieu de rencontre... Avec les auteurs, qui sont enfermés dans leurs livres et qu'il faut aller débusquer. Avec les lecteurs, du même quartier, de la même ville, jusque là anonymes. Avec les libraires, bien sûr, dont la tâche principale, au fond, est de transmettre une passion.Bref, que la librairie soit un lieu de vie. Où l'on puisse boire le thé, pourquoi pas? Le thé, ou une mousse, ou un verre de côtes. Et puis, allez, on se laisse tenter par une petite quiche lorraine... Certains cinémas d'art et essai ont réussi à créer autour d'eux cet espace vivant. Je pense, dans ma région, à Utopia, à Avignon, et au Sémaphore, à Nîmes.
Et, il ne faut pas croire, il y a aussi du vivant sur Internet! Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur tel auteur, c'est quelque part sur le web. Alors pourquoi le web ne serait-il pas consultable au sein même de la librairie? Et comme le libraire ne peut pas faire la nounou pour chaque client, le dialogue peut passer par un blog.
C'est ce que fait un libraire, dans un bourg, à 20 kms de Limoges, il discute avec ses clients sur le blog, leur conseille tel bouquin qui vient de sortir, mais aussi commente l'actualité régionale (il n'y a pas que la littérature, dans la vie!) Le blog fait partie intégrante de sa librairie, il ne vend pas un livre sans y joindre l'adresse Internet, et il a une centaine de visites par jour.
On peut imaginer trente-six initiatives de ce genre, qui vont dans le sens de la vie et de la littérature. Par exemple, je connais des gens qui se réunissent entre copains, une fois par mois, pour se faire la lecture. Ça pourrait se passer entre clients de la librairie.
Il faudrait construire des passerelles entre tous les lieux concernés par le livre, en particulier librairies, bibliothèques, écoles. La médiathèque d'une petite ville près de chez moi a fait un accord avec les écoles primaires et le collège, pour que chaque classe se rende au moins une fois par mois à la médiathèque. Pourquoi pas mettre les librairies dans le coup? Leur caractère commercial ne devrait pas être un obstacle, puisqu'il s'agit d'un commerce pas comme les autres.
Cela dit, le libraire ne peut pas se couper en quatre et son espace non plus. Cette librairie rêvée devra être aidée par la collectivité. On subventionne bien les clubs de foot. Mais l'état politique du pays n'est guère encourageant: depuis vingt ans, les services publics se ratatinent, jusqu'à la sécu qui est menacée! Alors, les bouquins, vous pensez bien...
par Joseph Périgot
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librairie
Le S.L.F., Syndicat de la Librairie Française, qui regroupe quelque 500 librairies indépendantes sur les 2000 à 2500 que compte la France, a annoncé la création d'un site de vente sur Internet. On a envie de dire: enfin! Dix ans après la création d'Amazon, à un moment où la vente en ligne atteint 4,5% de parts du marché, avec une progression de 35% en 2006, il y avait urgence. Faire des procès à Amazon et Alapage, en les accusant d'enfreindre la loi sur le prix unique avec le port gratuit, c'était de bonne guerre et un juste combat, mais un peu court. Polémiquer avec les éditeurs qui consentent aux sites marchands la même ristourne qu'aux libraires ou qui acceptent la numérisation de leurs ouvrages pour le programme de recherche de contenu proposé par Amazon ("Cherchez au cœur"), ça, c'était tout simplement vain, inefficace et révélateur du malaise.
C'est un portail qui est annoncé pour début 2008, c'est à dire une plateforme regroupant les 500 librairies, avec la possibilité pour chacune d'y gérer son propre site. On peut raisonnablement penser que les 500 fonds additionnés regrouperont tous les livres disponibles en français (environ 500.000), ce qui dispensera de la commande à l'éditeur et raccourcira donc le délai de livraison. Un petit plus par rapport aux sites marchands les plus connus (Amazon, Alapage, Chapitre, Fnac), qui fonctionnent sans stock. Même avantage par rapport aux sites de grosses librairies, dont le stock est forcément limité (92.000 ouvrages, par exemple, pour Ombres Blanches, à Toulouse).
Mais Renny Aupetit, secrétaire général du S.L.F., tient un propos inquiétant au Journal du Net: "Notre objectif est surtout de faire venir des lecteurs dans nos magasins. Internet prend de plus en plus de place dans notre relation avec nos clients. Par exemple, de plus en plus de commandes et de réservations sont faites par e-mail." Le "surtout" fait tache. Internet ne serait qu'un bon outil permettant aux bons libraires de fonctionner comme avant. Le représentant des libraires n'a pas compris que ce qui se prépare, c'est une révolution copernicienne: les librairies viendront en complément de la vente en ligne. En supplément. Un "supplément d'âme", comme on l'a dit. Ce supplément étant essentiel pour toute une clientèle, le commerce des livres en ville ne disparaîtra pas, mais la transition risque d'être douloureuse si le virage est mal pris ou mollement négocié.
C'est un portail qui est annoncé pour début 2008, c'est à dire une plateforme regroupant les 500 librairies, avec la possibilité pour chacune d'y gérer son propre site. On peut raisonnablement penser que les 500 fonds additionnés regrouperont tous les livres disponibles en français (environ 500.000), ce qui dispensera de la commande à l'éditeur et raccourcira donc le délai de livraison. Un petit plus par rapport aux sites marchands les plus connus (Amazon, Alapage, Chapitre, Fnac), qui fonctionnent sans stock. Même avantage par rapport aux sites de grosses librairies, dont le stock est forcément limité (92.000 ouvrages, par exemple, pour Ombres Blanches, à Toulouse).
Mais Renny Aupetit, secrétaire général du S.L.F., tient un propos inquiétant au Journal du Net: "Notre objectif est surtout de faire venir des lecteurs dans nos magasins. Internet prend de plus en plus de place dans notre relation avec nos clients. Par exemple, de plus en plus de commandes et de réservations sont faites par e-mail." Le "surtout" fait tache. Internet ne serait qu'un bon outil permettant aux bons libraires de fonctionner comme avant. Le représentant des libraires n'a pas compris que ce qui se prépare, c'est une révolution copernicienne: les librairies viendront en complément de la vente en ligne. En supplément. Un "supplément d'âme", comme on l'a dit. Ce supplément étant essentiel pour toute une clientèle, le commerce des livres en ville ne disparaîtra pas, mais la transition risque d'être douloureuse si le virage est mal pris ou mollement négocié.
par Joseph Périgot
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librairie
Il est de bon ton, dans les milieux que je fréquente, de défendre la librairie en ville contre la librairie en ligne. "De bon ton", c'est peu dire: on en fait une affaire de
morale, campant le libraire en héros de notre temps, dévoué à la bonne cause au mépris de ses propres intérêts. Et comme il est menacé de mort, ne pas le défendre reviendrait à se faire le
complice du système inhumain qui cherche à l'abattre.
Je ne sens pas les choses comme ça. Les librairies sont des lieux amis, dont je bénis la présence parmi les banques et les magasins de fringues, qui prolifèrent dans les centres-villes. Je ne manque pas d'y fureter, surtout en déplacement. Mais ce sont essentiellement les livres et non les libraires qui m'y attirent. Les libraires, ils m'ignorent, ils m'accordent moins d'attention que le premier commerçant venu, qui va me demander: "Vous désirez?" ou "Puis-je vous aider?"
On peut voir dans ce comportement le respect des clients, qui entrent pour la plupart sans projet d'achat précis, feuillètent, butinent, pour enfin se laisser tenter. Mais alors, l'espace devrait être organisé en conséquence – il faudrait au moins où s'asseoir – et la visite devrait être accompagnée, guidée, éclairée. C'est rarement le cas. Je suis même tombé un jour sur une pancarte accrochée aux rayonnages: "IL EST DEFENDU DE LIRE"! Je ne blague pas, le libraire en avait marre des ados qui lisaient les BD sans payer.
Dans un forum de Livres Hebdo sur l'avenir des librairies indépendantes, quelqu'un écrit :"Et si Internet faisait trembler certains libraires indépendants parce que justement ils ont tendance à oublier les bases du métier que sont : l'accueil, le conseil, l'écoute, la valorisation du fonds par des libraires passionnés et formés... ce supplément d'âme qu'on ne retrouvera jamais sur la toile."
Nombre de librairies sont en effet devenues de simples magasins. Je n'accuse pas les libraires: ils sont victimes de la crise de la lecture et de l'édition, et survivent comme il peuvent sous la pression des grands groupes, mais les magasins de livres sont voués à disparaître, ils ne feront jamais le poids devant les librairies en ligne. D'autant que celles-ci offrent des services de plus en plus pointus (par exemple, le "Cherchez au cœur" d'Amazon, qui permet la recherche avec mots-clés dans le corps des textes numérisé).
L'avenir à court terme n'est pas rose, mais je veux croire l'agent littéraire américain Andrew Wylie, qui déclarait au journal Le Monde, en octobre 2006: "Le circuit de vente des livres va se développer d'une manière très favorable aux livres de qualité. Les grandes chaînes de librairie, qui sont extrêmement néfastes, ne mettant en avant que des livres médiocres, à vente rapide, et négligeant totalement le fonds, sont en perte de vitesse. Grâce notamment à Amazon, qui est une révolution. Le marché va se partager entre Amazon et les librairies indépendantes, dont le réseau, aux Etats-Unis, a été bien endommagé, mais va se reconstruire. Je suis certain que les défaitistes se trompent."
Pour aider ce commerce pas comme les autres, ne faudrait-il pas créer un label équivalent à l'Art & Essai? C'est l'une des 55 propositions de Baptiste-Marrey, dans son livre "Les Boutiques des merveilles", consacré à la défense de la librairie indépendante. [Commander ce livre]
Je ne sens pas les choses comme ça. Les librairies sont des lieux amis, dont je bénis la présence parmi les banques et les magasins de fringues, qui prolifèrent dans les centres-villes. Je ne manque pas d'y fureter, surtout en déplacement. Mais ce sont essentiellement les livres et non les libraires qui m'y attirent. Les libraires, ils m'ignorent, ils m'accordent moins d'attention que le premier commerçant venu, qui va me demander: "Vous désirez?" ou "Puis-je vous aider?"
On peut voir dans ce comportement le respect des clients, qui entrent pour la plupart sans projet d'achat précis, feuillètent, butinent, pour enfin se laisser tenter. Mais alors, l'espace devrait être organisé en conséquence – il faudrait au moins où s'asseoir – et la visite devrait être accompagnée, guidée, éclairée. C'est rarement le cas. Je suis même tombé un jour sur une pancarte accrochée aux rayonnages: "IL EST DEFENDU DE LIRE"! Je ne blague pas, le libraire en avait marre des ados qui lisaient les BD sans payer.
Dans un forum de Livres Hebdo sur l'avenir des librairies indépendantes, quelqu'un écrit :"Et si Internet faisait trembler certains libraires indépendants parce que justement ils ont tendance à oublier les bases du métier que sont : l'accueil, le conseil, l'écoute, la valorisation du fonds par des libraires passionnés et formés... ce supplément d'âme qu'on ne retrouvera jamais sur la toile."
Nombre de librairies sont en effet devenues de simples magasins. Je n'accuse pas les libraires: ils sont victimes de la crise de la lecture et de l'édition, et survivent comme il peuvent sous la pression des grands groupes, mais les magasins de livres sont voués à disparaître, ils ne feront jamais le poids devant les librairies en ligne. D'autant que celles-ci offrent des services de plus en plus pointus (par exemple, le "Cherchez au cœur" d'Amazon, qui permet la recherche avec mots-clés dans le corps des textes numérisé).
L'avenir à court terme n'est pas rose, mais je veux croire l'agent littéraire américain Andrew Wylie, qui déclarait au journal Le Monde, en octobre 2006: "Le circuit de vente des livres va se développer d'une manière très favorable aux livres de qualité. Les grandes chaînes de librairie, qui sont extrêmement néfastes, ne mettant en avant que des livres médiocres, à vente rapide, et négligeant totalement le fonds, sont en perte de vitesse. Grâce notamment à Amazon, qui est une révolution. Le marché va se partager entre Amazon et les librairies indépendantes, dont le réseau, aux Etats-Unis, a été bien endommagé, mais va se reconstruire. Je suis certain que les défaitistes se trompent."
Pour aider ce commerce pas comme les autres, ne faudrait-il pas créer un label équivalent à l'Art & Essai? C'est l'une des 55 propositions de Baptiste-Marrey, dans son livre "Les Boutiques des merveilles", consacré à la défense de la librairie indépendante. [Commander ce livre]
par Joseph Périgot
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librairie
"La mesure du taux d'audience est devenue le jugement dernier du journaliste: jusque dans les lieux les plus autonomes du journalisme, à part peut-être Le Canard enchaîné, Le Monde diplomatique, et quelques petites revues d'avant-garde animées par des gens généreux et "irresponsables", l'audimat est actuellement dans tous les cerveaux. Il y a aujourd'hui une "mentalité audimat" dans les salles de rédaction, dans les maisons d'édition, etc. Partout, on pense en termes de succès commercial. Il y a simplement une trentaine d'années, et ça depuis le milieu du XIXème siècle, depuis Baudelaire, Flaubert etc., dans le milieu des écrivains d'avant-garde, des écrivains pour écrivains, reconnus par les écrivains, ou, de même, parmi les artistes reconnus par les artistes, le succès commercial immédiat était suspect: on y voyait un signe de compromission avec le siècle, l'argent... Alors qu'aujourd'hui, de plus en plus, le marché est reconnu comme instance légitime de légitimation. On le voit bien avec cettte autre institution récente qu'est la liste des best-sellers. [...] A travers l'audimat, c'est la logique du commercial qui s'impose aux productions culturelles. Or, il est important de savoir que, historiquement, toutes les productions culturelles que je considère – et je ne suis pas le seul, j'espère –, qu'un certain nombre de gens considèrent comme les productions les plus hautes de l'humanité, les mathématiques, la poésie, la littérature, la philosophie, toutes ces choses ont été produites contre l'équivalent de l'audimat, contre la logique du commerce. Voir se réintroduire cette mentalité audimat jusque chez les éditeurs d'avant-garde, jusque dans les institutions savantes, qui se mettent à faire du marketing, c'est très inquiétant parce que cela risque de mettre en question les conditions mêmes de la production d'œuvres qui peuvent paraître ésotériques, parce qu'elles ne vont pas au devant des attentes de leur public, mais qui, à terme, sont capables de créer leur public." Extrait de "Sur la télévision", p.28. [Commander ce livre]
par Joseph Périgot
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édition
Les chiffres sont aisément manipulables — et nos gouvernants ne s'en privent pas —, il faut donc s'en méfier (des chiffres et des gouvernants!), mais quand leur source n'est pas douteuse, ils sont "éloquents", comme on dit. Je suis allé fouiller dans le Quid, aux chapitres concernant la production éditoriale. Ce sont les chiffres de 2004. Ils sont tirés, pour la plupart, de Livres Hebdo, d'enquêtes SOFRES ou d'organismes officiels comme le Centre National du Livre et le Syndicat National de l'Edition. Tout ne doit pas être faux...
Nombre de titres publiés: 65345 dans l'année, dont 12601 romans (en 1985: 29068, soit moins de la moitié). Ce chiffre se décompose en 33556 nouveautés et nouvelles éditions, et 31789 réimpressions. [200 livres par jour, dont 100 nouveautés!]
Tirage moyen par titre: 7 840 (en 1985 : 12 417). 50 % des ouvrages littéraires sont tirés à moins de 5 200 exemplaires, 24 % de 6 000 à 12 000, 8 % de 12 000 à 18 000, 6,5 % de 18 000 à 24 000, 5 % de 24 000 à 36 000, 7,5 % au-delà.
Volumes produits: 512,3 millions; romans: 143,8 millions. [Et 100 millions vont au pilon.]
Seuil de rentabilité d'un roman: 6 000 exemplaires. Sur 10 titres publiés par un éditeur, 2 ou 3 se vendent passablement et 1 ou 2 seulement sont de bonnes ventes. [Le seuil à 6000, c'est chez les gros qui ont de gros frais de structure: locaux dans le VIème arrondissement, pdg grassement payé, avion en classe affaires etc. Chez les petits, le seuil est quatre fois plus bas.]
Décomposition du prix d'un livre (en %): détaillant 34 à 38, fabrication 12 à 20, éditeur 12 à 16, auteur 10 à 12, distributeur 10 à 12, diffuseur 5 à 8, TVA 5,5. [10 à 12 % pour l'auteur, c'est vite dit! On ne peut en arriver à ce chiffre qu'en mélangeant les best sellers et les ventes "confidentielles", puisque plus on vend plus le % est important – il pleut toujours où c'est mouillé – et en ignorant que pour certains secteurs de vente, par exemple les clubs du livre, les droits d'auteur sont laminés, jusqu'à moins de 1%]
Nombre d'éditeurs: entre 6 000 et 7 000 ont publié au moins 1 titre en 2002 ; 800 ont une activité régulière et 350 une activité significative.
Manuscrits reçus par La Poste: Gallimard 6000, Le Seuil 4000, Pol 3000, Minuit 2000. Publiés : 1 sur 2 000. [ Jouez plutôt au loto.]
Chiffre d'affaires des 10 premiers éditeurs (en millions d'€, 2004). Hachette Livre 1 431,5, Editis 717,4, France-Loisirs 404, Atlas 387,6, Média Participations 308,7, La Martinière 260, Flammarion 238,1, Gallimard 221,1, Lefebvre-Sarrut 213,5, Albin Michel 212,1.
Nombre de points de vente (en 1995) : 26090 dont presse 11990, supermarchés et magasins populaires 7250, librairies-papeteries à choix restreint 3000, librairies générales à assortiment diversifié 2300, hypermarchés 1000, librairies spécialisées 500, librairies multi spécialistes et grandes surfaces spécialisées 50.
Titres disponibles en librairie: 498000. Assortiment moyen d'une librairie générale : 10 000 à 20000 livres.
Canaux de vente (répartition des achats en valeur (en %) : VPC et clubs (dont France Loisirs) 22,6 (dont ventes par Internet 4,6), grandes surfaces spécialisées (dont Fnac) 21,8, non spécialisées (dont hyper) 20,1, librairies 19,1, maisons de la presse 7,2, soldeurs/occasion 1,8, grands magasins 0,6, courtage 0,2, autres (comités d'entreprise, kiosques, gares, salons...) 6,5. [Les libraires ne vendent que 1 livre sur 5.]
Principales librairies: Chiffre d'affaires, livre (en millions d'€, 2005) : Mollat (Bordeaux, créée 1896 par Albert Mollat ; surface de vente : 2 700 m2, titres : 160 000 ; livres en stock : 320 000) 21,9. Le Furet du Nord (Lille) 20,7. Sauramps (Montpellier) 19,7.
Librairies à distance: quelques dizaines de sites Internet dont Amazon (USA, 3,4 milliards de $ en 1998), fnac.com (magasin en ligne de la Fnac). En 2002, les ventes de livres via Internet ont représenté 1 % du marché (4,5 millions d'ex. sur 450 millions vendus). [ Le marché progresse de 25% par an.]
France Loisirs. Détenu à 100 % par Bertelsmann depuis mars 2001. Adhérents (en millions): 3,8. Exemplaires vendus (en 2005) : 24 000 000 (8 % du marché français). Titres : 650/an. Tirage moyen: 10 000 ex. [Comment expliquer un tel poids des clubs? C'est un abonnement-assurance à la culture, puisque les clubs sont censés diffuser les "meilleurs titres". L'acheteur a un peu la main forcée, les "livres du mois" étant envoyés par défaut. Le taux de lecture doit être assez bas.]
Achat de livres: 54,2 % des Français ont acheté au moins un livre. Chaque acheteur a acquis en moyenne 7,8 ouvrages (pour 83 €).
Nombre d'écrivains: chaque année, 6 000 à 6 500 auteurs (dont 1 500 à 2 000 de romans) publient un livre.
Droits d'auteur. Montant des % (sur le prix de vente HT, décidé de gré à gré) : littérature : 5 à 15, ouvrages illustrés : 7 à 12, jeunesse : 5 à 7. Exploitation des droits dérivés et annexes : par l'éditeur : habituellement 7 % ; par un tiers : recette à partager entre auteur et éditeur (50/50).
Écrivains « professionnels » : en 2003 : 1 803 écrivains (représentaient 60 691 578 € de droits d'auteur déclarés). Revenu annuel : moins du Smic : 44 % ; plus du Smic : 56 % (environ 70 personnes touchaient plus de 115 342 € et 28 plus de 230 685 €). La plupart avaient un métier principal (notamment les auteurs d'ouvrages d'érudition) ou annexe (journalisme, radio, télév., etc.).
Nombre de titres publiés: 65345 dans l'année, dont 12601 romans (en 1985: 29068, soit moins de la moitié). Ce chiffre se décompose en 33556 nouveautés et nouvelles éditions, et 31789 réimpressions. [200 livres par jour, dont 100 nouveautés!]
Tirage moyen par titre: 7 840 (en 1985 : 12 417). 50 % des ouvrages littéraires sont tirés à moins de 5 200 exemplaires, 24 % de 6 000 à 12 000, 8 % de 12 000 à 18 000, 6,5 % de 18 000 à 24 000, 5 % de 24 000 à 36 000, 7,5 % au-delà.
Volumes produits: 512,3 millions; romans: 143,8 millions. [Et 100 millions vont au pilon.]
Seuil de rentabilité d'un roman: 6 000 exemplaires. Sur 10 titres publiés par un éditeur, 2 ou 3 se vendent passablement et 1 ou 2 seulement sont de bonnes ventes. [Le seuil à 6000, c'est chez les gros qui ont de gros frais de structure: locaux dans le VIème arrondissement, pdg grassement payé, avion en classe affaires etc. Chez les petits, le seuil est quatre fois plus bas.]
Décomposition du prix d'un livre (en %): détaillant 34 à 38, fabrication 12 à 20, éditeur 12 à 16, auteur 10 à 12, distributeur 10 à 12, diffuseur 5 à 8, TVA 5,5. [10 à 12 % pour l'auteur, c'est vite dit! On ne peut en arriver à ce chiffre qu'en mélangeant les best sellers et les ventes "confidentielles", puisque plus on vend plus le % est important – il pleut toujours où c'est mouillé – et en ignorant que pour certains secteurs de vente, par exemple les clubs du livre, les droits d'auteur sont laminés, jusqu'à moins de 1%]
Nombre d'éditeurs: entre 6 000 et 7 000 ont publié au moins 1 titre en 2002 ; 800 ont une activité régulière et 350 une activité significative.
Manuscrits reçus par La Poste: Gallimard 6000, Le Seuil 4000, Pol 3000, Minuit 2000. Publiés : 1 sur 2 000. [ Jouez plutôt au loto.]
Chiffre d'affaires des 10 premiers éditeurs (en millions d'€, 2004). Hachette Livre 1 431,5, Editis 717,4, France-Loisirs 404, Atlas 387,6, Média Participations 308,7, La Martinière 260, Flammarion 238,1, Gallimard 221,1, Lefebvre-Sarrut 213,5, Albin Michel 212,1.
Nombre de points de vente (en 1995) : 26090 dont presse 11990, supermarchés et magasins populaires 7250, librairies-papeteries à choix restreint 3000, librairies générales à assortiment diversifié 2300, hypermarchés 1000, librairies spécialisées 500, librairies multi spécialistes et grandes surfaces spécialisées 50.
Titres disponibles en librairie: 498000. Assortiment moyen d'une librairie générale : 10 000 à 20000 livres.
Canaux de vente (répartition des achats en valeur (en %) : VPC et clubs (dont France Loisirs) 22,6 (dont ventes par Internet 4,6), grandes surfaces spécialisées (dont Fnac) 21,8, non spécialisées (dont hyper) 20,1, librairies 19,1, maisons de la presse 7,2, soldeurs/occasion 1,8, grands magasins 0,6, courtage 0,2, autres (comités d'entreprise, kiosques, gares, salons...) 6,5. [Les libraires ne vendent que 1 livre sur 5.]
Principales librairies: Chiffre d'affaires, livre (en millions d'€, 2005) : Mollat (Bordeaux, créée 1896 par Albert Mollat ; surface de vente : 2 700 m2, titres : 160 000 ; livres en stock : 320 000) 21,9. Le Furet du Nord (Lille) 20,7. Sauramps (Montpellier) 19,7.
Librairies à distance: quelques dizaines de sites Internet dont Amazon (USA, 3,4 milliards de $ en 1998), fnac.com (magasin en ligne de la Fnac). En 2002, les ventes de livres via Internet ont représenté 1 % du marché (4,5 millions d'ex. sur 450 millions vendus). [ Le marché progresse de 25% par an.]
France Loisirs. Détenu à 100 % par Bertelsmann depuis mars 2001. Adhérents (en millions): 3,8. Exemplaires vendus (en 2005) : 24 000 000 (8 % du marché français). Titres : 650/an. Tirage moyen: 10 000 ex. [Comment expliquer un tel poids des clubs? C'est un abonnement-assurance à la culture, puisque les clubs sont censés diffuser les "meilleurs titres". L'acheteur a un peu la main forcée, les "livres du mois" étant envoyés par défaut. Le taux de lecture doit être assez bas.]
Achat de livres: 54,2 % des Français ont acheté au moins un livre. Chaque acheteur a acquis en moyenne 7,8 ouvrages (pour 83 €).
Nombre d'écrivains: chaque année, 6 000 à 6 500 auteurs (dont 1 500 à 2 000 de romans) publient un livre.
Droits d'auteur. Montant des % (sur le prix de vente HT, décidé de gré à gré) : littérature : 5 à 15, ouvrages illustrés : 7 à 12, jeunesse : 5 à 7. Exploitation des droits dérivés et annexes : par l'éditeur : habituellement 7 % ; par un tiers : recette à partager entre auteur et éditeur (50/50).
Écrivains « professionnels » : en 2003 : 1 803 écrivains (représentaient 60 691 578 € de droits d'auteur déclarés). Revenu annuel : moins du Smic : 44 % ; plus du Smic : 56 % (environ 70 personnes touchaient plus de 115 342 € et 28 plus de 230 685 €). La plupart avaient un métier principal (notamment les auteurs d'ouvrages d'érudition) ou annexe (journalisme, radio, télév., etc.).
par Joseph Périgot
publié dans :
édition
Les Pacom
Hors la loi
La nuit du voleur